Electrolab Il faut utiliser les choses comme elles doivent etre utilisees… ou pas !

10Mar/16Off

Smoking is not littering

Posted by Eric

La cigarette électronique, vous en avez certainement entendu parler, vu le nombre d'usagers qui vapotent et de boutiques spécialisées qui commercialisent ces produits. Mais saviez-vous qu'il existe aussi des cigarettes électroniques jetables ?  En cherchant un peu sur le Net, on peut trouver une évaluation d'un tel dispositif.

Mais pourquoi s'intéresser à un tel produit?
Il se trouve que le lab a à disposition une cinquantaine de cigarettes électroniques jetables, manifestement neuves mais qui ne fonctionnent pas, car leur pile interne est vide. Elles ont été trouvées par terre, éparpillées sur un trottoir d'une commune altoséquanaise 🙁

A battery life
En réalité, dans ces cigarettes jetables il n'y a pas de pile, mais un accumulateur Li-ion. Pourtant aucun dispositif ou connecteur destiné à la recharge n'a été prevu : l'accu est chargé "à bloc" à la fabrication, mais une fois celui-ci vide, on jette tout 🙁 . Idem pour le liquide qui produit la fumée artificielle : rien n'a été envisagé pour recharger en propylène glycol parfumé le petit linge humidifé qui sert de "réservoir". C'est vraiment un truc à usage unique. Une fois utilisé, le déchet qui subsiste n'est rien d'autre qu'un MÉGOT ÉLECTRONIQUE.
Et ça, ça ne s'invente pas !

A clever choice ?
On peut légitimement se demander pourquoi le fabricant de cigarettes jetables a sélectionné un accumulateur au lithium plutôt qu'un élement primaire. Le choix du métal est relativement aisé à comprendre : les éléments électrochimiques mettant en œuvre le lithium disposent de l'énergie massique la plus élevée, désormais supérieure aux piles alcalines. Comme l'énergie emagasinée sert au chauffage et donc à l'évaporation d'un liquide, il faut pouvoir la stocker le plus efficacement possible.
La raison du choix d'un accumulateur plutôt qu'une pile primaire est moins évidente. Les cellules primaires au lithium les plus courante sont soit au lithium-manganèse soit au lithium-chlorure de thionyle (SOCl2), ce dernier composé étant sous forme liquide. On peu arguer que la production des premières n'est pas très courante – ce qui rend l'élément coûteux – et que pour le second couple électrochimique, l'oxychlorure mis en œuvre est particulièrement corrosif, c'est qui pose un réel problème de sécurité si l'élément venait à être endommagé. Le choix d'un accumulateur Li-ion semble, in fine, raisonné et résulte d'une équation caractéristiques/coût établie en lumière d'une bonne connaissance des marchés et des technologies de stockage d'énergie électrique.

Enfin, on ne trouve trace sur la e-cig ou son emballage – un petit tube entièrement transparent en plastique – d'un quelconque symbole de recylage qui est censé se trouver sur tous les produits alimentés par pile ou accumulateur, depuis que les directives européennes ont imposé voilà une dizaine d'année, l'existence de filières de recyclage spécifiques à ces produits.

Teardown
À l'intérieur d'une cigarette électronique on trouve peu ou prou ça:

Un exemple de ce que l'on peut trouver dans une cigarette électronique jetable

Exemple de ce que l'on peut trouver dans une cigarette électronique jetable

 

Celles que l'on a récupérées semblent de construction un peu plus simpliste, mais les sous-ensembles essentiels – tels que présentés par les deux images ci-après – sont bien présents.

Cigarette électronique jetable dont on a extrait l'accumulateur Li-ion

Cigarette électronique jetable dont on a extrait l'accumulateur Li-ion. Tout à gauche, on distingue le capteur de pression différentielle duquel sortent trois petits fils électriques

Partie basse de l'image : la petite spirale métallique constituée de fil résistif entoure la mèche de fibre de verre. Ce minuscule chauffage assure l'évaporation du propylène glycol et produit ainsi de la fumée...sans feu :)

Partie basse de l'image : la petite spirale métallique constituée de fil résistif entoure la mèche de fibre de verre. Ce minuscule chauffage assure l'évaporation du propylène glycol et produit de ce fait de la fumée...sans feu 🙂

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Use or re-use ?
Outre le dispositif déclencheur (probablement un capteur de pression différentiel rudimentaire) qui peut mériter que l'on s'y intéresse, le plus utile dans la cigarette électronique "jetable" est l'accumulateur.
Après les avoir quelque peu requinqués, les spécialistes du lab ont observé qu'environ deux accumulateurs sur cinq étaient encore utilisables. La capacité indiquée sur l'élément est de 280 mAh. Sûr que les membres du lab sauront mettre en œuvre ces minuscules accus dans des montages électroniques un peu moins fumeux qu'une cigarette électronique jetable.

Oreillette Bluetooth en version "steampunk". L'accumulateur rectangulaire original était défectueux. Pour faire quelques essais, on le remplace temporairement par un modèle extrait d'une e-cig jetable

Oreillette Bluetooth en version "steampunk". L'accumulateur rectangulaire original (en bas sur l'image) était défectueux. Pour faire quelques essais avec l'oreillette, on le remplace temporairement par un modèle cyllindrique extrait d'une e-cig jetable

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6Fév/16Off

Feel the heat

Posted by Eric

Au fur et à mesure que le nombre de pièces disponibles dans nos locaux s'accroît, il convient de les équiper pour que le travail y soit aisé et agréable. Bien que plusieurs de ces pièces soient efficacement isolées, leur chauffage en hiver est indispensable, car même la présence de dizaines de personnes et leur naturelle chaleur humaine 😉 ne suffit pas à garantir une température agréable. Jusqu'à présent, l'Électrolab a surtout chauffé ses locaux à l'électrique, car c'est un moyen qui est efficient en cas de présence occasionnelle dans les lieux, ce qui était le cas jusqu’à un passé récent.

Désormais, le lab est ouvert toute la journée en semaine, souvent en soirée et la nuit, ainsi que le week-end, ce qui rend le chauffage électrique bien moins compétitif. Si certaines zones excentrées restent pour le moment dotés de convecteurs, les zones de grande taille à proximité de la nouvelle entrée vont désormais être équipées d'un chauffage au gaz. Plus exactement, c'est une unique chaudière au gaz naturel (= gaz de ville) qui va – à terme – alimenter plusieurs aérothermes soufflant de l'air chaud. Nous avons opté pour une chaudière récente de 170kW qui pèse un peu plus de 400 kg et qui a l’avantage appréciable de n’avoir rien coûté du tout, puisqu'il s'agit d'un appareil de récupération qui nous été aimablement offert 🙂 . Ça fait chaud au cœur.

Nettoyage d'un aérotherme de récupération au Karcher

Désembouage du circuit d'eau d'un aérotherme de récupération à l'aide d'un nettoyeur haute pression

La chaudière était rangée dans notre stock depuis quelques mois. Restait à la positionner à son emplacement définitif dans la chaufferie du bâtiment. Cette petite promenade de chaudière fut exécutée magistralement le week-end dernier. Et comme il s’agit d’une chaudière « sur pattes », elle sait aussi prendre l’escalier, enfin presque !

Déplacement de la chaudière: ça passe tout juste!

Déplacement de la chaudière: après l'escalier, ça passe tout juste en hauteur!

Ça y est, la chaudière de 400 kg est en place!

Ça y est, la chaudière a atteint son emplacement définitif !

 

 

 

 

 

 

 

 

Joke on the water
La chaudière désormais en place, il reste bien évidemment à construire le réseau de tuyauterie d'eau de chauffage.
Haha la bonne blague ! Le coût d'une telle installation effectuée par un professionnel étant incompatible avec les moyens financiers du lab, c'est donc tout naturellement que les membres de l'association s'improvisent apprentis chauffagistes avec mise en pratique immédiate dans l’objectif de construire le réseau de tuyauteries en acier entre la chaudière et les aérothermes. Il va sans dire que pour un bâtiment industriel tel que le nôtre et les exigences normatives qui s’y appliquent, toute solution à base de tuyauterie plastique (PER) tel que mis en œuvre désormais dans les appartements et maisons individuelles est inadaptée. Et il serait souhaitable que ce réseau soit terminé avant l'arrivée des véritables frimas d’hiver, qui par chance, tardent franchement cette année. Bref, une équipe soudée travaille actuellement tous les week-ends sur le chantier chauffage, climatisation et ventilation qui a encore besoin de bras supplémentaires. On embauche dare-dare.

Préparation des raccords en acier

Préparation des raccords en acier

Installation des tuyaux de chauffage

Installation des tuyaux de chauffage

 

 

 

 

 

 

 

 

Ça gaze
Mais il n'y pas que la tuyauterie du circuit de chauffage à construire. Le raccordement à la cheminée impose quelques travaux de fumisterie. Plus fâcheux, la puissance de la chaudière est telle que le raccordement en gaz de ville actuel du bâtiment est sous-dimentionné: il faut une nouvelle conduite en provenance du pipeline de gaz principal qui court dans la rue, à un bon mètre sous terre. Il est donc illusoire de vouloir mettre en service notre chaudière cet hiver: la nouvelle dérivation de gaz ne sera installée que courant 2016 par une entreprise spécialisée, qui a la capacité de mener ce type de chantiers.

Et en attendant, on sautille sur place pour ne pas avoir trop froid ?
Par chance, il existe une autre chaudière dans le bâtiment qui abrite l'Électrolab et son propriétaire accepte que l'on y branche temporairement notre réseau de chauffage. Bien entendu, l'énergie soustirée sera mesurée afin que l'on puisse dédommager le propriétaire de la seconde chaudière en raison du surcroît de gaz qu'il va consommer.

On dirait un arbre de Noël tel que ceux qui surmontent les puits de pétrole. Pourtant le lab ne s'est pas (encore) lancé dans l'exploitation pétrolière. Ce n'est que le tuyau de liaison entre deux réseaux de chaleur, réalisé par des membres

Cela ressemble fort à un arbre de Noël tel que ceux surmontant les puits de pétrole. Pourtant le lab ne s'est pas – du moins pour le moment – lancé dans l'exploitation pétrolière. Ce n'est qu'un élement de liaison entre deux réseaux d'eaux de chauffage, réalisé par des membres. On distingue les vannes et le circulateur triphasé.

Heat pipe
Plus de cent mètres de tuyauteries acier en DN40 ont déja été intallées par les chauffagistes en herbe du lab. Le réseau actuel va encore être modifié et étendu de manière notoire. Mais ce qui est en place est déja opérationnel et permet de chauffer efficacement l'entrée du lab et l'ensemble de la zone convi. Le flux d'air crée par plusieurs extracteurs puissants permet d'amener cette chaleur dans d'autres pièces. De même, le passage des tuyaux (volontairement) non isolés dans d'autres zones du lab a le bon goût d'élever leur température de quelques degrés.
Certes, ces travaux de chauffage sont loin d'être terminés. Des sous-ensembles majeurs, telle la centrale de traitement d'air (CTA) sont encore en constuction et de nombreux autres tuyaux et gaines sont en attente d'installation. Dans les semaines à venir, on espère progressivement diminuer la consommation électrique nécessaire au chauffage de nos locaux, tout en étant paré contre les prochaines offensives de l'hiver.

Installation provisoire d'un aérotherme à eau chaude dans le bar. Puissance de chauffe : 50 kW

Installation provisoire au plafond du bar d'un aérotherme à circuit d'eau chaude. Puissance de chauffe : 50 kW

15Jan/16Off

HVAC as DIY

Posted by Eric

Outre le système de chauffage à circuit d'eau chaude et aérothermes soufflants, il est nécessaire d'installer dans nos locaux un système de ventilation adapté, afin de ne pas avoir l'impression d'étouffer au bout d'une heure quand il y a quinze personnes dans une même pièce. En réalité, il est de bon aloi que le système de ventilation soit intimement lié au système de chauffage et leur constuction doit être dûment coordonnée, tant sur l'aspect études que sur la réalisation.

Jamais sans ma VMC
Depuis vingt ans au moins, toutes les constructions individuelles ou collectives sont équipées d'une Ventilation Mécanique Contrôlée, donc l'acronyme "VMC" est désormais entré dans le langage courant, qui a minima évacue l'air vicié des pièces de service, telles la cuisine et la salle de bain. L'air neuf venant de l'extérieur entre par dépression via de petites bouches réalisées dans les fenêtres des pièces dites "à vivre", à savoir les chambres et le séjour. Ce système appelé "VMC simple flux" a l'avantage de la simplicité, mais dans les régions tempérées ou froides, il est énergétiquement peu efficient. En effet, en plus d'évacuer l'air vicié, on fait – en période de chauffage – sortir la chaleur des pièces, ce qui n'est pas franchement économe.
Une solution pour éviter un tel gaspillage consiste à priviléger l'installation d'une VMC dite "double-flux", qui dispose d'un échangeur de chaleur transférant la chaleur de l'air vicié en cours d'évacuation à l'air frais entrant. Ce système de transfert thermique oblige en outre à doubler l'ensemble des tuyauteries de ventilation.

Additional challenges
Au vu de la surface des locaux de l'Électrolab, + de 1500m², le choix d'une VMC "double flux" s'impose d'elle-même pour limiter la facture de chauffage en hiver. Il convient aussi de dimensionner le système au regard du nombre de personnes pouvant simultanément être présentes au même endroit. Ainsi, les débits d'une VMC standard pour maison d'habitation sont bien trop modestes pour convenir à nos besoins (il faut un équipement bien plus conséquent). Le lab est à considérer comme des locaux industriels, les exigences en terme de ventilation sont encore spécifiques. En effet, composé en grande partie d'ateliers et de quelques bureaux, on est bien loin ici d'une configuration de type "maison individuelle", extensivement décrite sur des dizaines de sites internet, mais hélas sans grand intérêt ici. Ajoutons à cela qu'il faut prévoir des pièces en surpression – tel les salles blanches – et d'autres en dépression, comme la zone de traitement de surface, force est de constater que ventiler efficacement l'Électrolab est en réalité un challenge d'envergure qui donnerait même du fil à retordre à un climaticien de base.

No fear from DIY
Eu égard aux exigences élevées du système de climatisation du lab – dont quelques-unes sont citées ci-avant – on a fait l'économie de demander des devis à des professionnels du secteur, sachant pertinemment que la facture allait allègrement dépasser 100k€ 🙂 .
Autant consacrer du temps pour faire soi-même sa propre VMC, en compulsant les normes, calculant les débits, établissant les plans pour les passages de conduites, en tenant compte de la faible hauteur sous plafond, et organiser l'ensemble du chantier.
Ambititieux ? Certainement, mais pas infaisable pour autant. L'Électrolab dispose de suffisamment d'équipements et de machines pour conçevoir son propre système de VMC avec des performances et des fonctionnalités identiques sinon supérieures à une installation faite par un professionnel à partir de sous-ensembles du commerce. Afin de réussir ce projet et être à même de le financer, on s'attachera à respecter en permanence un mix optimal entre autoconstruction, récupération d'élements d'occasion et achat de sous-ensembles neufs.

Welding fever
Pièce maîtresse de notre système de ventilation, la Centrale de Traitement d'Air (CTA), qui contient notamment l'échangeur "double flux", est réalisée en débutant par la construction de sa structure en acier mécano-soudé, réalisé en tube d'acier carré de quarante-cinq millimètres de coté.

Préparation des pièces du bâti de la CTA avant soudage TIG

Préparation des pièces du bâti de la CTA avant soudage TIG

Centrale de Traitement d'Air (CTA) : le bâti mécano-soudé en cours de construction. Le tabouret de bar donne l'échelle.

Centrale de Traitement d'Air (CTA) : le bâti mécano-soudé en cours de construction.
Le tabouret de bar donne l'échelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les parois de la CTA sont en tôle d'acier double épaisseur, les interstices étant remplis d'un isolant incombustible : la laine de roche. Puis débute l'équipement de la CTA : motoventilateur à cage d'écureuil, batterie chaude, registres et filtres sont prévus pour rentrer au millimètre. L'étanchéité de tous les sous-ensembles est stratégique et la simplicité d'accès – notamment pour le remplacement des filtres – est un point à considérer dès la conception, afin de faciliter les régulières actions de maintenance préventive que doit subir un tel équipement.

Réalisation d'encoches dans une tôle d'acier à la grignoteuse électrique

Réalisation d'encoches dans une tôle d'acier à la grignoteuse électrique

CTA stock bar : Montage d'une paroi intérieure en tôle d'acier

La même tôle en cours d'installation sur la CTA : elle fera office de paroi interne

 

 

 

 

 

 

 

 

 
A demanding challenge
Lorsqu'on utilise des pièces de récupération pour construire un nouvel équipement, on n'a pas toujours à disposition ce dont on aurait exactement besoin. Il faut accepter certains compromis, ou alors modifier les élements existants dont on dispose pour qu'ils atteignent les caractéristiques requises. Comme on est un peu juste en termes de dimensions, pouvoir grapiller quelques centimètres ça-et-là est parfois nécessaire, même si c'est au prix d'un effort significatif. C'est ce qui a été fait sur la batterie chaude de la CTA, dont l'un des raccords d'eau a dû être déplacé. Avant sa mise en place définitive, un contrôle pour s'assurer qu'il n'y a aucune fuite dans le circuit d'eau a été réalisé avec succès.

Soudure d'un raccord sur aérotherme

Déplacement d'un raccord d'eau sur la batterie chaude de la CTA. La photo a été prise immédiatement après l'opération de soudage. Il reste à décaper et repeindre la partie modifiée

Motoventilateur triphasé à cage d'écureuil de la centrale de traitement d'air

Motoventilateur triphasé à cage d'écureuil de la centrale de traitement d'air

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HVAC Control
Si la construction mécanique est un aspect important du chantier, il conviendra de la compléter d'un important dispositif de contrôle-commande assurant un pilotage automatique de l'ensemble de la ventilation. Une bardée de capteurs vont surveiller l'encrassement des filtres, les températures et pressions dans les diffrentes zones, avec comme summum d'optimisation (et donc d'économie d'energie) une mesure du CO₂dégagé par les êtres humains. Certes, cette dernière fonctionnalité n'est pas pour tout de suite, car il faudra prioritairement se charger de la commande de vitesse des motoventilateurs triphasés et du pilotage de la position des registes et clapets à l'aide de servovérins. Le système de contrôle devra aussi prévoir une fonction de désenfumage, comme c'est le cas dans tous les systèmes de ventilation installés dans des locaux de grande dimensions.
Élaborer et construire le système HVAC du lab est un challenge multidisciplinaire que les membres du lab font fort de relever, avec l'efficacité et l'énergie qui est un facteur clé de succès de tout projet d'envergure. Ce blog consacrera, au gré de son avancement, plusieurs articles à ce chantier tout à fait original.

4Jan/16Off

Industrial equipement recovery

Posted by Eric

De nombreuses entreprises, grandes ou petites se réorganisent de temps en temps. Ces adaptations au marché sont souvent l'occasion de déménagements : le regroupement d'unités sur un même site ou au contraire la séparation de services dans des lieux différents sont légion. C'est l'occasion d'emménager dans des locaux plus fonctionnels, plus modernes, plus lumineux, qu'ils soient plus grands ou plus petits.

Quand un bâtiment ou un site – souvent en location – doit être rendu, l'ensemble des services concernés est averti – en principe – des mois à l'avance. En effet, un déménagement ne peut être mené sérieusement que si les personnes qui œuvrent dans les services directement concernées préparent eux-même les cartons, ou du moins y participent. C'est l'occasion de faire le tri des rossignols qui encombrent les rayonnages depuis des lustres et autres vieilleries complètement dépassées. Mais le tri doit être fait intelligement : des équipements qui ne servent plus peuvent encore être utiles à d'autres entités de la même entreprise. En effet, outre les déménagés, une grande partie des autres services et autres unités non concernées sont informées et conviées à faire leur marché "interne" pour récupérer des équipements et matériels, avant leur mise au rebut.

Le bail, aïe aïe aïe
Les mois passent et il ne se passe...pas grand chose.
Jusqu'au jour où l'échéance de bail c'est? Ahhh mais c'est lundi de la semaine suivante! Faut tout vider. Tout de suite!
Sauf qu'un déménageur ou un débarrasseur que l'on sollicite pour vider 1000m² sous deux-trois jours, c'est no-way, et ceci quel que soit la période de l'année. À l'échéance du bail, ne pas rendre les clés en temps et en heure, se solde – c'est le cas de le dire – régulièrement en paiement de pénalités. C'est donc en ces moments que la foulitude d'objets gardés "au cas où" deviennent plus qu'encombrants. S'il y a réellement des articles ou documents à garder, le tri préalable est censé avoir été effectué, complété par un éventuel recensement. Toute cette logistique nécessite anticipation, méthode et organisation. Là on n'a plus le temps de rien si ce n'est de négocier cinq jours de rab pour la remise des clés. Mais cinq jours. Et pas un de plus! Bref, chacun fait son petit carton (pour les chefs, c'est UNE petite armoire) et TOUT le reste, c'est à la benne.
Car commander une ou plusieurs bennes pour le lendemain est en principe dans le domaine du réalisable. Étonnant, non ?

Mais ces dernières ne se remplissent pas d'elles-mêmes. Il faut des bras, beaucoup de bras, des moyens de manutention, pas mal de moyens, et même un peu d'ingéniosité pour les cas un chouïa compliqués.

- Euh Bébert, le truc-bidule qui est au troisième étage et qui fait cinq mètres de long, on le descend comment, vu qu'il passe pas dans le monte-charge ?
- Balance-le par la fenêtre, on verra bien s'il sait voler !

Dans ces situations, les collaborateurs proches ou lointains sont – et on peut les comprendre – rarement "chauds" pour aller faire du débarrassage à grande échelle sur des sites en cours de démantèlement.

Zorro est arrivé...
C'est dans ces moments de léger stress qu'intervient l'Électrolab. Souvent prévenus tout a fait offciellement du déménagement, et ceci des mois à l'avance, on attend patiemment que toutes les autres entités de l'entreprise aient pu rapatrier dans leurs locaux ce qu'elles étaient censées récupérer. Or le plus souvent, elles n'ont pas eu le temps de s'en charger, ou seulement de manière imparfaite, ce qui fait que quelques jours avant l'échéance du bail, il reste une montagne de matériels et d'équipements sur le site à libérer d'urgence. Evidemment, le jour de la restitution des clés, le propriétaire s'attend à voir des locaux propres et...vidés.

Console de commande de machine Appareil récupéré dans une entreprise lors de la réorganisation d'un site industriel.

Console de commande de machine.
Éqipement récupéré dans une entreprise lors de la réorganisation d'un de leurs sites industriel.

 

C'est souvent peu de temps avant le tour du propriétaire – ou de son mandataire – que tombe sur nos téléscripteurs 🙂 l'autorisation donnée à l'association de faire de la récupération sur le site incriminé.
À brève échéance, une première équipe restreinte du lab se rend sur place pour évaluer l'intérêt de la récupération en identifiant les matériels et en étudiant l'ensemble des aspects logistiques. Une telle visite dure en principe de quinze minutes à une heure. Dès cette visite terminée, l'escouade d'éclaireurs rend compte aux autres membres afin de préparer – si intérêt il y a – d'initier l'opération extérieure (OPEX). En seulement deux ou trois jours – pour les cas d'urgence absolue – l'Électrolab sait mobiliser des effectifs significatifs (jusqu'à vingt personnes) dûment équipés en EPI, outils de démontage, moyens logistiques et sachant arriver sur place à l'heure dite pour débuter la récupération.

En effet, rappelons qu'un hacker digne de ce nom n'est à la botte de personne, ce qui lui permet d'arriver au débotté sur un théâtre d'opérations, botté de ses chaussures de sécurité.

Les récupérateurs associés
Alors évidemment, l'Électrolab ne fait pas le débarras complet d'un site. Nous ne prenons que ce qui est intéressant et qui – en conséquence – nous est utile. Mais comme le lab a besoin de beaucoup de choses et que son évolution, tant en équipement qu'en aménagement est très largement tributaire de ces récupérations, ce que l'on emmène peut rapidement se compter en mètres cubes, voire en camions entiers.
C'est autant dont l'entreprise qui libère le site n'aura plus à s'occuper. Les spécialistes du démontage et de la récupération du lab sont le plus souvent totalement autonomes et ont l'habileté suffisante pour ne rien casser et laisser les locaux propres si cela est requis. Dans certains cas, le matériel est immédiatement recensé et/ou trié par nos spécialistes au moment de son emballage sur place afin de faciliter – de notre coté – la gestion de notre propre stock.

Moteurs asynchrones triphasés récupérés lors d'une OPEX

Moteurs asynchrones triphasés récupérés lors d'une OPEX

 

Récupération, démontage et recyclage
Les récupérations de ce genre ont lieu plusieurs fois par an, et au gré des interventions, un nombre de plus en plus important de membres a l'expérience de ces OPEX et savent participer méthodiquement et efficacement à ces actions.
Parfois ce que nous récupérons est gardé tel quel, parfois on le démonte pour n'en garder que les parties qui nous sont utiles, le reste étant apporté au recyclage ou en déchetterie. Si nécessaire, l'association Électrolab vous fournira tous les documents adminstratifs nécessaires pour contractualiser la cession à un prix symbolique de vos équipements, permettant ainsi de les sortir de vos immobilisations comptables. Enfin, en cas de double voire triple emploi, nous offrons occassionnelement les surplus à des hackerspaces et fablabs amis.

Appareils de mesure

Appareils de mesure récupérés dans une entreprise du 92 qui renouvelait entièrement l'équipement de son service de R&D

Appareils de mesure

Appareils de mesure, provenant de la même source que ci-contre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des truc à jeter ? Contactez-nous
En somme, si vous avez des équipements techniques ou industriels dont vous n'avez (bientôt) plus l'usage, nous serons heureux d'en être informés à l'adresse email suivante : contact [AT] electrolab [POINT] fr , car ils peuvent encore être utiles et servir pendant de longues années. D'avance merci pour votre diligence.

28Déc/15Off

True Colors

Posted by Eric

The color of mauvais !
Afin de respecter un certain nombre de prescriptions normatives, une partie de nos locaux est peinte en rouge. Les coloriphiles et/ou les natifs du Sud-Ouest seront donc ravis d'apprendre que nous avons choisi un "rouge basque" pour peindre la plupart des poteaux de soutènement qui constituent la structure porteuse du bâtiment qui héberge l'Électrolab. Une fois le premier pot de peinture rouge de vingt litres vidé, il a fallu en approvisionner un second à la même GSB du coin où a été acquis le premier. Le magasin dispose d'une machine à colorer automatique qui teinte un pot de peinture blanche en ajoutant de manière très précise un certain nombre de colorants dûment étalonnés. Comme on s’approvisionne toujours au même endroit, la fidélité de la teinte demandée est censée être totale, vu qu'elle est directement enregistrée dans l'appareil. Malheureusement, le fait de mettre en œuvre une machine à colorer performante ne suffit pas pour garantir l'obtention de la teinte souhaitée.

Ainsi si la machine est déréglée ou mal approvisionnée, on a son "rouge basque" unique au monde, rien que pour soi. Enfin c'est ce qu'on finit par comprendre après quelques recoupements. Donc demander cette même couleur dûment référencée dans un autre magasin de la même enseigne disposant de la même machine ne permet pas de respecter la fidélité colorimétrique.

Un autre cas de figure, où la couleur attendue n'est pas la bonne, se manifeste si le processus de coloration s'interrompt de manière inopinée. En effet, au moment où s'effectue le mélange avec la peinture blanche, si l'un des colorants rouge vient à manquer dans la machine, la peinture est inutilisable 🙁 . La teinte est bien trop claire. On refuse de payer le pot qui ne nous est d'aucune utilité. Le vendeur est furax mais tant pis. Et évidemment, nos travaux de peinture ne peuvent pas avancer.

Autre tentative quelques temps plus tard. Dans la même GSB, on achète à nouveau un pot de peinture blanche et le faisons colorer sur place. Cette fois-ci, le processus se termine normalement : l'imprimante de la machine à colorer édite l'étiquette précisant la teinte. On y lien bien "rouge basque".
Ce second pot a été utilisé environ quinze jours après son achat. Au premier coup de pinceau, on observe une magnifique couleur rose framboise !µ¤¿¡#%¥¢ ...qui évidemment est très différente de ce qui a été commandé. Vu que le processus de coloration s'est déroulé sans encombre, l'hypothèse la plus plausible que l'on peut avancer, c'est que la machine a été remplie avec les mauvais colorants ou bien que ceux-ci ont été mis dans les mauvais bacs de stockage! Y'a pas à dire, mais là, question n'importe quoi, on a atteint la coupine. Les vendeurs de notre GSB locale ont indéniablement réussi à détraquer leur appareil de coloration.
Il est fort probable que ce même jour, la plupart des clients de l'enseigne ayant demandé la coloration d'un pot de peinture soient repartis avec une couleur un peu différente de ce qu'ils attendaient 🙁
Pour le moment, la GSB a refusé le remboursement du pot de peinture (100 EUR) et le siège social (maison mère) auquel l'Électrolab a écrit, fait la sourde oreille! Ça ne va pas tarder et on ne pourra plus les voir en peinture, ceux-là. Et bientôt on risque d'avoir envie de jouer en vrai grandeur à Splatoon® avec leur superbe rose framboise.

 

Même si la restitution des couleurs de l'image est loin d'être idéale, la couleur du du poteau de gauche – partiellement peint – tire nettement sur le rose sombre. La couleur souhaitée est celle du poteau sur la droite de l'image

La couleur du poteau de gauche – partiellement peint – tire nettement sur le rose. La couleur souhaitée est celle du poteau sur la droite de l'image

Pour résoudre notre problème d'approvisionnement en peinture ayant la teinte souhaitée, la seule solution fiable a consisté a sélectionner un autre fournisseur qui nous a créé notre teinte en analysant un échantillon peint à l'aide d'un spectrophotomètre en lumière visible. Ce dernier va piloter une machine à colorer afin de recréer une teinte identique. Même si ce nouveau pot nous a coûté quelques dizaines d'EUR de plus, les essais effectués sont tout à fait probants : on n'observe aucune nuance tinctoriale entre une surface peinte avec le premier pot (qui est pour nous la couleur de référence) et la peinture composée sur mesure. Mais pour en arriver là – outre le fait que cela a retardé certains chantiers pendant de nombreuses semaines – on en a vu de toutes les couleurs...

 

New (in the) Box
Si la zone « entreprises » de l’Électrolab comporte déjà deux pièces opérationnelles depuis février 2015, l’aménagement du troisième local ne s'est terminé qu'en octobre de cette même année. La complexité particulière du lieu ne permettait pas de terminer les travaux en synchronisme avec les deux autres espaces. Les stratèges du lab avaient initialement dédié ce troisième espace comme bureau de coworking sous forme d’un open space (bureaux en plateau ouvert) de huit places. La demande d’espaces privatifs étant plus importante que les espaces collaboratifs, la troisième pièce est actuellement louée in extenso à une seule structure. Des places de coworking pourront néanmoins être mises à disposition en d’autres endroits du lab. La transformation entre espace privatif et espace partagé se limite d’ailleurs à déplacer des bureaux et des armoires, ce qui est aisément réalisable et même, si nécessaire, parfaitement réversible.
Comme d’usage, les membres de l’Électrolab se sont mués en apprentis artisans pour mener à bien ce chantier. Ragréage, plâtre, isolation, ventilation, électricité, éclairage, réseau informatique, menuiserie métallique et peinture sont les principaux chantiers qu’il aura fallu mener pour transformer une ancienne zone de stockage en un lieu de travail agréable.
Bien entendu, aucun des membres du lab n’est un professionnel des corps de métiers usuellement sollicités pour aménager une pièce. Moralité : c'est réalisé – comme d’habitude – un peu à la «one again, version Électrolab » : comprendre, analyser, se documenter, apprendre des professionnels pour obtenir un résultat que n’importe quel expert du cru qualifierait indubitablement de modeste, mais qui est suffisant pour notre usage et pour les startups que nous accueillons : simple, propre et fonctionnel.

Box entreprise n°3 entièrement terminé et aménagé : il est prêt à être loué

Box entreprise n°3 entièrement terminé et aménagé : à peine achevé il est déja loué!

Finalement, pour des bénévoles agissant pro bono et sans compétences professionnelles avérées dans le second-œuvre, le résultat est – ma foi – fort honnête. D’ailleurs, l’évaluation est d’autant plus aisée et flatteuse lorsqu'on est juge et partie 🙂

 

Custom enclosure
Outre les réseaux d'eau et d'éléctricité, des gaines du système de ventilation parfois cachées, parfois apparentes parcourent les plafonds du lab. Dans le box entreprise n°3, deux tuyaux souples raccordés à une VMC doivent passer sous l'un linteau en béton armé qui supporte la dalle de l'étage supérieur. Le linteau étant un élément de structure qu'il est impossible de découper même partiellement sans risquer de le fragiliser, il n'y a pas d'autre solution qu'un passage sous-jacent des tubes. En conséquence, la hauteur du plafond est abaissé d'environ quinze centimètres sur une surface d'un demi-mètre carré. À cet endroit précis, les deux gaines de ventilation vont être cachées par un coffre sur mesure réalisé à partir d'élements d'ossature en acier pour plaques de plâtres. Deux membres se sont attelés à sa conception et sa réalisation lors d'un récent week-end de travaux, pour une mise en place pendant un soir de semaine. Le caisson sera amovible, facilitant ainsi une éventuelle inspection ou action de maintenance. On n'est jamais trop prudent 😉

Supports métalliques pour la réalisation d'un cache masquant les tuyaux de ventilation

Système d'ossature métallique amovible pour le caisson masquant les gaines de ventilation du box entreprise n°3

Cache des gaines de ventilation : mise en place des planches de contreplaqués

Le même caisson que ci-contre, après fixation des premières planches de contreplaqués

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Pressons pressons,
La réhabilitation de notre presse hydraulique d'atelier arrive à son terme. Il convient d'admettre qu'une poignée de membres n'a pas ménagé ses soirées et ses week-ends pour remettre sur pied cette machine acquise chez un ferrailleur.
Tout a été démonté, décapé puis remonté et repeint. Le système d'alimentation pneumatique - trop vétuste - a été remplacé par des éléments plus modernes.
Disposer d'une presse hydraulique, c'est l'assurance de pouvoir démonter et remonter sans heurt bon nombre d'assemblages et sous-ensembles mécaniques. Ainsi, la dépose ou la mise en place de roulements à billes est une opération courante qui s'effectue sans risque et très simplement à la presse, alors que l'on peut s'embarquer dans une galère sans nom sans un tel équipement.
Pour qu'une presse soit exploitable, il convient de lui adjoindre des outillages adaptés aux différentes actions à mener. L'Électrolab est désormais à un niveau d'équipement suffisant pour concevoir par ses propres moyens les indispensables "chasse roulements" que ce soient ceux de forme "tampon" ou de forme "cloche".
L'idéal étant de disposer à terme d'un lot relativement complet couvrant une vaste plage de diamètres, par exemple de 2 à 50 mm pour les tampons et de 8 à 150 mm pour les cloches.
Pour des usages plus spécifiques tel que le pliage de tôles et l'utilisation d'outils de brochage, des adaptateurs spéciaux devront être conçus. Enfin, il convient d'admettre qu'une presse hydraulique à déplacement lent comme celle-ci n'est pas idéale pour les travaux de découpe ou de déformation de tôles. De plus sa capacité n'est "que" de cinquante tonnes, ce qui est un peu juste. Mais en attendant mieux, on s'en contentera.

Presse hydraulique d'atelier Photo prise chez le ferrailleur en juin 2013

Presse hydraulique d'atelier. Capacité : cinquante tonnes
Photo prise chez le ferrailleur en juin 2013

 

Presse hydraulique de cinquante tonnes, entièrement réhabilitée par les membres

La même presse, entièrement réhabilitée par les membres de l'association

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Got us under pressure
Et justement le "mieux" est déjà arrivé au lab. En effet, au printemps 2015, notre association a pu rapatrier – parmi d'autres machines de métallerie – une imposante presse à vis de quatre vingt tonnes. C'est une presse "rapide" dont l'énergie de frappe est "stockée" dans deux lourdes roues à inertie, bien visibles en haut de la machine. Ce type d'équipement est idéal pour des travaux d'encochage et d'estampage de tôles, mais peut aussi servir de marteau-pilon de forge. Par chance, le précédent propriétaire disposait d'un lot de matrices de découpe de tôles qui, bien évidemment, a été récupéré par le lab. La machine de près de trois mètres de hauteur, qui pèse une bonne tonne, n'est pas encore opérationnelle : elle nécessite une action de réhabilitation conséquente pour la remettre en service et l'adapter un tant soit peu aux normes actuelles. Sûr que l'on trouvera parmi nos membres des personnes intéressées par un tel chantier.

Presse à vis 80 tonnes, à restaurer Un tel équipement est particulièrement adapté aux estampages et découpe d'encoches.

Presse rapide à vis ayant une capacité de quatre-vingt tonnes. La restauration complète reste à faire

 

Pestacle
L'Électrolab a accueilli en zone convi pendant une semaine une petite troupe de théatre, afin de leur permettre de répéter et de parfaire leur œuvre actuelle. En remerciement, les deux actrices et auteures du spectacle "Il était une fois Internet" ont assuré le jeudi 26 octobre une représentation colorée et vivante devant un public d'une cinquantaine de personnes. Si le conte présenté est principalement dédié aux plus jeunes à partir de huit ans, les thématiques et problématiques présentées ont également l'heur de sensibiliser les adultes aux enjeux de la toile, qu'ils soient des acteurs du numérique ou de simples utilisateurs d'Internet.

 

Spectacle "Il était une fois l'Internet"

Spectacle "Il était une fois l'Internet"

Spectacle "Il était une fois l'Internet"

Spectacle "Il était une fois l'Internet"

10Déc/15Off

You spin me round

Posted by Eric

Enfin, notre nouveau bébé est arrivé. Et il est plutôt bien né, jugez-en plutôt : 6 600kg sur la balance, 5,30m de long et 1,80m sous la toise ! Avec un cœur gros comme ça, 35kW (oui, 35 000 Watts à la broche) notre dernière acquisition en matière de machine-outil de fabrication française, force le respect.
Notre nouveau tour à commande numérique CAZENEUVE CND 500 a été réceptionné en ce début décembre 2015. C'est un bel adolescent (il a 20 ans, mais seulement 2 ans au compteur) qui durant ses années de jeunesse a servi dans la bonne industrie manufacturière de notre pays et a été – pendant tout ce temps – jalousement et amoureusement bichonné par ses précesseurs. Dans sa précédente vie, il n'a été en charge que de l'usinage final de pièces, où l'on se limite à enlever quelques dizièmes de millimètres de matière, afin d'atteindre les tolérances souhaitées du produit fini. Il n'a donc jamais été poussé dans ses retranchements, ce qui fait que son usure propre est minime. Après avoir été raisonnablement rentabilisé chez son premier propriétaire, il fait désormais place chez ce dernier à un équipement flambant neuf, ce qui permet à cette entreprise de garder l'indispensable avance technologique et une qualité de production irréprochable qui fait la réputation de ses produits.

Tour à commande numérique CAZENEUVE CND 500 En service chez son ancien propriétaire

Tour à commande numérique CAZENEUVE CND 500
En service chez son précédent propriétaire

En voiture Simone !

En voiture Simone !
Arrimage de la machine sur le plateau du camion 35 tonnes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

To the workshop
Après déchargement de la machine-outil sur le parking à l'aide d'un énorme Fenwick, elle a sagement été amenée à son emplacement définitif, en zone mécanique. Vu sa taille, on a dû pousser un peu quelques autres équipements 🙂 . Prévoyants, les architectes assurant l'organisation de l'aménagement intérieur de nos locaux avaient toutefois anticipé son arrivée (il a en réalité été acheté par l'association dès le mois de mars 2015). Son avènement était – c'est le moins qu'on puisse dire – attendu et son arrivée... épique !

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Pour le moment, son alimentation électrique est provisoire et ne permettra pas de l'utiliser dans l'immédiat au maximum de ses capacités. Dans un premier temps, on s'en contentera. Le câblage de l'alimentation triphasée 400V 63A définitif étant en cours de préparation, le raccordement électrique final sera effectué au premier semestre 2016, car c'est un chantier exigeant qui requiert de nombreuses heures de travail. En effet, en raison des courants relativement importants, les fils électriques sont dotés à leur extrémités de cosses de taille respectables. La qualité du sertissage et de serrage des cosses est déterminante et doit être minutieusement contrôlée avant mise sous tension. Pendant les premières dizaines d'heures d'exploitation de l'équipement, l'ensemble du raccordement électrique afférent sera régulièrement ausculté pour identifier toute surchauffe anormale, signe avant-coureur d'un futur défaut électrique majeur.

 

Features and functions
Désignation : Tour parallèle à commande numérique
Capacité du mandrin hydraulique natif à force de serrage réglable : 480 mm, soit grosso modo la taille d'une jante de voiture
Hauteur sous banc : 370 mm, pour un diamètre maximal de pièce de 700mm, soit plus qu'un pneu de voiture
Plage de vitesse de rotation de la broche : 0 à 2500 tr/min (variateur triphasé + boîte robotisée à deux vitesses mécaniques)
Diamètre d'alésage de la broche : 82 mm, sur une longueur maximale d'environ 500 mm
Fabricant du moteur de broche : ALSTHOM; puissance mécanique développée : 31,5 kW
Servomoteurs d'axes : DC 3kW
Vitesse de déplacement maximal des axes : 12 m/mn
Tourelle porte-outil robotisée : 12 emplacements
Longueur utile entre pointes : 1100 mm
Déplacement de la poupée mobile : par motordéducteur
Déplacement de l'axe de la poupée mobile : système hydraulique
Système de contrôle-commande numériqueNUM 750 fabriqué par la société...Num (possibilité d'importer du GCode)
Évacuation des copeaux : par tapis roulant à segments métalliques
Précision usuelle d'usinage (dans nos conditions d'exploitation) : < 0,03 mm
Précision ultime du système de positionnement (en environnement à température contrôlé) : ±0,01 mm

 

Basic and advanced use
Certes, d'aucuns peuvent se demander à quoi peut bien servir un tel équipement et s'il est nécessaire que l'Électrolab en dispose ?
La réponse est oui. Sinon, on ne l'aurait pas acheté <;)
En effet, le lab dispose à ce jour de trois tours parallèles conventionnels (= à commande manuelle) dont deux sont déjà opérationnels. L'un de ces deux va d'ailleurs être cédé. Par contre, nous ne disposons pas de tour à commande numérique fonctionnel. Dès qu'il s'agit d'usiner des pièces de révolution aux profils complexes, tels des cônes, des sphères, des poulies, des filetages intérieurs ou extérieurs atypiques, un tour à commande numérique est d'un grand secours.
Evidemment, un tourneur chevronné sait faire tous ces usinages en travaillant sur un tour conventionnel. Mais dans sa spécialité, il a dix à trente ans de métier, ce qui est une expérience irremplaçable. Les membres du lab sont de modestes bricoleurs qui ont besoin de pièces tournées pour leurs projets personnels qu'ils mènent dans une logique de loisir. Il est peu rentable qu'ils se forment à devenir des derviches tourneurs conventionnels chevronnés si c'est pour usiner moins de cinq pièces par an.
Le tour à commande numérique a l'avantage de disposer de programmes standard pour usiner des filetages ou des profils précis. Cela facilite grandement la réalisation de pièces complexes. Enfin, sa tourelle porte-outils automatique limite notoirement les pertes de temps liées au changements d'outils, dont le positionnement relatif des uns par rapport aux autres est d'ailleurs connu du système de pilotage.

Poulie moteur à quatre gorges du tour Famot

Poulie à quatre gorges de diamètre 160 mm dont l'alésage à double clavetage était fendu en trois endroits : il
nous faut une copie à l'identique. Avec un tour CNC, c'est aisément réalisable. En attendant, une bague centrale
provisoire a été réalisée sur la pièce originale.

 

Bigger is better
Mais n'y avait-il pas plus petit comme modèle ? Sérieusement, fallait-il vraiment acquérir une machine de la taille d'un pachyderme (dont l'ancêtre est, rappelons-le, le mammouth laineux)?

Réponse : raisonnablement, un hackerspace digne de ce nom – tel que l'Électrolab – ne peut se contenter d'un simple tour de potier^^
Faut du matos sérieux, que diable !

Chaque machine-outil a une certaine capacité d'usinage et au delà de ces limites, il faut soit faire des compromis, soit des bricolages dangereux ou, in fine, monter la pièce à usiner sur une machine plus grande. La variété des projets et donc des pièces dont peuvent avoir besoin les membres de l'association, complétés par les besoins propres du lab, sont – on le constate tous les jours – de plus en plus importants. Plutôt que d'apprendre à se servir et d'entretenir une ribambelle de machines très contingentées dans un domaine de mise en œuvre restreint, autant disposer d'un nombre limité d'équipements, mais avec des capacités très généreuses pouvant convenir pour la réalisation d'une très vaste gamme de pièces.
Des machines-outils de toutes tailles et à tous les prix, on en trouve aujourd'hui assez facilement sur le net ou chez des revendeurs spécialisés. Mais de là à savoir quel est leur état réel, quelle est leur histoire, quelles sont les maintenances lourdes qu'elles ont subi, c'est nettement moins évident.
Nous avons acquis CE TOUR CNC car nous connaissons ses utilisateurs, le soin qu'ils y ont apporté pendant son exploitation, car c'était encore jusqu'en octobre 2015 leur outil de production. Et ça, c'est une occasion qui ne se manque pas.

Tour CNC CAZENEUVE CND 500 encore sur bastings, mais déja positionné à sa place définitive

Tour CNC CAZENEUVE CND 500 encore sur bastings, mais déja positionné à sa place définitive

Heavier is better too
Plus une machine est lourde et massive, plus elle est rigide et précise. Les assemblages de fonte et d'acier qui la constituent sont de taille et de forme adaptées pour minimiser la fréquence de résonance propre de la machine. En conditions d'usinage défavorables – tel le chariotage d'un arbre cannelé – les chocs de l'outil de coupe sont absorbés par le bâti sans déformation aucune et la précision d'usinage n'est en rien altérée par les variations brusques des contraintes excercées sur les structures de la machine. Plus généralement, une machine rigide donne de bien meilleurs résultats en terme de qualité de finition (rugosité cylindrique) qu'une machine qui se déforme pendant l'usinage.
Avec une machine surdimensionnée, on peut aussi usiner des métaux nobles comme le titane et le tantale voire même des superalliages qui imposent des contraintes accrues aux outils de coupe. Ces derniers sont d'une si grande dureté qu'ils doivent excusivement être utilisés sur des machines sans jeu ni vibration.
La précision extrème d'une machine-outil haut de gamme est également bénéfique pour se passer – sous certaines conditions – d'usinages complémentaires, telle la rectification cylindrique ou le honage. Avec un peu d'expérience, on peut atteindre, sur les pièces finies, des valeurs dimensionelles en accord avec les tables d'ajustements (plus de détails ici), qui sont données en millièmes de millimètres.

 

Visitors welcome
Si les machines-outil de taille respectable attirent votre attention, venez faire un tour dans nos locaux pour voir notre nouveau tour CNC qui trône désormais fièrement dans la zone mécanique du lab. On en profitera pour vous faire découvrir tous les autres équipements dont dispose notre association, des plus basiques aux plus exotiques.
Pour des questions de sécurité et d'organisation, les visites guidées sont menées le mardi soir après inscription préalable sur l'adresse email : contact [AT] electrolab [POINT] fr. Les soirs de visite – soit environ quarante dates par an – les membres sont avisés de votre présence et peuvent consacrer une partie de leur temps à répondre à vos questions. Ne venez pas à l'improviste, on ne saurait vous recevoir !

Mors-moi ! L'un des mors doux du tour CAZENEUVE

Mors-moi ! L'un des mors doux du tour CAZENEUVE

1Déc/15Off

Interview de Risebox : Une startup en symbiose avec un hackerspace

Posted by Samuel Lesueur

Depuis un an maintenant l'Electrolab a ouvert ses portes aux entreprises désireuses de concevoir, prototyper et développer un produit technologique potentiellement voué à avoir par la suite une réalité économique et commerciale. C'est ainsi que trois structures sont actuellement installées dans ce que l'on appelle des "Box entreprise" qui sont des espaces privatifs loués par ces entreprises au sein de l'Electrolab. En plus des bureaux et des aménagements classiques d'une pépinière d'entreprise (accès 24/7, internet très haut débit, espace de détente convivial, salles de réunion, machine à café etc) elles bénéficient (après formation et sur réservation) de l'accès aux équipements dont le lab dispose ce qui leur permet de prototyper facilement leur projet à bas coût et de manière efficace.

Après exactement un an de vie au sein de l'Electrolab, Risebox nous présente ses premiers prototypes et nous fait part de son retour d'expérience sur la vie d'une entreprise au sein d'un hackerspace.

Télécharger la vidéo : Version Sd / Version HD

Remplis sous: Non classé Commentaires
24Nov/15Off

Build up is a bargain

Posted by Eric

Invest in building the lab
Les membres les plus assidus consacrent trois week-ends complets par mois pour construire et aménager le lab. Et la palette de travaux, petits ou grands est fort vaste. Des études préalables au maniement de la truelle, des achats de matériaux et de pièces aux constructions et mises en service d'équipements, du nettoyage, rangement et préparation des repas pour les travailleurs, il y a toujours un chantier qui a besoin de forces vives.
Tout le reste du temps, c'est-à-dire la journée complète en semaine ainsi que deux soirs par semaine et un week-end par mois, les membres peuvent se consacrer à leurs propres projets. En réalité, leur abnégation naturelle fait qu'ils consacrent parfois un peu de temps hors des périodes identifiées de travaux pour néanmoins œuvrer à l'amélioration du lab. Installer quelques prises électriques, faire une reprise de peinture ou passer une commande de pièces de rechange par Internet sont des activités connexes que les membres mènent souvent en complément de leurs projets personnels.
Depuis sa création voilà cinq ans, les membres fondateurs suivis des early birds ont déjà consacré beaucoup de temps à construire, aménager et organiser les locaux. Tous les membres, qu'ils soient vieux briscards ou nouveaux arrivants savent que l'on ne peut pleinement exploiter les ressources existantes et potentielles du lab que si on contribue d'une manière ou d'une autre à leur mise en service. Celui à qui il semblera que les outils sont mal rangés proposera et réalisera un système de stockage. Un autre consacrera du temps à réhabiliter un équipement dont il souhaite se servir à brève échéance. Un troisième mènera une étude de marché pour identifier le meilleur rapport qualité-prix pour l'achat de matériaux pour la construction de nos locaux et de leurs infrastructures.

Presse d'atelier en cours de restauration

Presse d'atelier en cours de restauration

 

Plus de projets personnels ?
Indéniablement, les membres souhaiteraient faire plus de projets personnels. Pourtant, en s'investissant prioritairement et notoirement sur le projet de construction et d'aménagement du lab, ils en récolteront à l'avenir un bénéfice accru. Pour mettre en exergue ce formidable engagement, ce blog consacre bon nombre d'articles au projet collectif ayant pour objectif de créer un hackerspace de 1500m², tel qu'il a été initié et imaginé par les fondateurs de l'association.
A contrario, les projets personnels listés sur le wiki sont l'apanage exclusif des adhérents : ils en sont les initiateurs, les acteurs et – à ce titre – en définissent le planning et les objectifs ad arbitrium. Les administrateurs de l'association n'ont aucune exigence ni aucune prise sur les projets personnels des membres. Il y a bien sûr la joie partagée d'un projet réussi mais aussi l'apprentissage collectif consécutif à un échec.
Enfin, en parcourant quelques-uns des articles précédents de ce blog, vous découvrirez également que les membres réalisent des projets pour le lab, qui sont la propriété de l'association, vu qu'elle possède les équipements initiaux et finance les coûts des éléments manquants. Quelques exemples récents : des luminaires HQI, une imprimante 3D "Electrorap", une brodeuse CNC et un système de gestion d'inventaire avec étiquettes à codes-barres.

Luminaire HQI DIY

Luminaire HQI de fabrication maison

Observe and relate
Eu égard à l'importante plage horaire d'ouverture du lab, il se passe chaque semaine quantité de choses et faits, dont les instantanés sont de plus en plus fréquemment gazouillés sur les réseaux sociaux. Le wiki et ce blog ne présentent au mieux qu'une action sur cent tant le lab – en pleine activité – est comparable à une ruche. Pour relater et décrire l'ensemble des actions des membres, cinq journalistes à temps plein n'y suffiraient pas 🙂 Mais n'oublions pas que notre priorité va au faire et que la communication n'est que la cerise sur le gâteau. Celles et ceux qui feraient l'inverse – et ils se reconnaîtront – sont plus bloggers que makers...

 

Prototype d'une brodeuse CNC conçue à partir d'une machine à coudre du commerce

Prototype d'une brodeuse CNC conçue à partir d'une machine à coudre du commerce

Trainings for new members
L'association Électrolab s'enrichit régulièrement de nouveaux membres sans aucune distinction ou prérequis en termes de compétences ou savoirs, ni de tout autre critère de discrimination. Comme toutes les structures sans but lucratif, elle ne vit que par l'animation et l'activité organisée par ses adhérents. Vu le flux de personnes et la particularité de notre structure, des formations sont organisées pour les nouveaux arrivants afin de leur présenter l'état d'esprit du lieu, les possibilités qu'il offre, l'engagement qu'il attend de chacun, ainsi qu'une indispensable initiation à la sécurité, comme on l'observe depuis fort longtemps dans bon nombre d'entreprises. On rappelle également aux padawans que – contrairement à un bureau d'études ou une société de service – l'association ne mène aucune action de conseil rémunérée ni pour ses membres ni pour compte de tiers : celui ou celle qui a besoin d'aide devra avant tout relever ses propres manches, mettre les mains dans le cambouis et seulement dans un second temps, pourra solliciter – à titre grâcieux – un peu d'aide des autres membres. L'auto-formation, les essais et expérimentations – parfois infructueux – les projets inachevés ou avortés contribuent à ce que chacun gagne en confiance en soi et en expérience. Faire et comprendre par soi-même, tel est le maître mot.

Initiation à Blender

Salle de formation n°1 de l'Électrolab

Alors oui, toutes les personnes qui ont entendu parler de notre structure et qui souhaitent en savoir plus dans le but d'une éventuelle adhésion ne sont pas forcément confortables avec les préceptes et engagements que requiert notre association. Qu'à cela ne tienne! Il y a en région parisienne moult autres structures ayant chacune leur spécificité et leur état d'esprit propre. Nul doute que ceux qui n'adhèrent pas à notre modus operandi sauront indéniablement trouver chaussure à leur pied dans un autre hackerspace ou fablab de la région. Vouloir contenter absolument tout le monde sans jamais rien imposer ni organiser, cela s'appelle une auberge espagnole – version autogérée – qui vire le plus souvent au cirque infernal et invivable. Désolé pour ceux qui ne conçoivent un hackerspace que dans une logique de gratuité totale, anarchique, révolutionnaire, anti-système et finalement anti-tout : ce n'est pas l'orientation qui a été choisie par l'Électrolab.

Du consommateur au consom'acteur
La société de consommation, qui s'est fortement développée à partir des années 60' offre une quantité illimitée de produits, biens et services qu'il est possible d'acquérir très simplement. Depuis les années 2000, l'acte d'achat desdits produits peut même s'exécuter en seulement trois clics de souris, grâce à la magie de l'Internet.
Mais des cent derniers produits que vous avez achetés, que ce soit en magasin soit par VPC, combien sauriez-vous en concevoir ou produire par vous-même ? Ou même simplement en comprendre le principe ou le fonctionnement détaillé? Sauriez-vous faire pousser des légumes ? Faire vous-même un yaourt ? Fabriquer un câble de liaison entre votre smartphone et votre ordinateur ? Comprendre le principe de la reconnaissance de visage désormais disponible sur de nombreux appareils photo ou caméras de surveillance connectées? Ou peut-être dépanner votre porte de garage défectueuse ou cet instrument de musique électronique des années 80 ?
Bien évidemment, la très grande majorité des personnes sont parfaitement confortables avec le fait de ne pas savoir ou ne pas comprendre les principes technologiques des objets qu'ils acquièrent ou utilisent au quotidien, et de les jeter sans état d'âme lorsqu'ils tombent en panne.
Mais quid des autres ? Ces curieux qui ne se contentent pas des explications merveilleuses et lénifiantes des fabricants? Ceux qui doutent des discours spécifiquement formatés pour chaque sociostyle et qui souhaitent inlassablement se documenter et comprendre ? Ceux qui ne se satisfont pas totalement des fonctionnalités existantes des objets ou la sécurité des interfaces et réseaux qu'ils utilisent ? Ceux qui ne peuvent pas se résoudre à remplacer par un neuf leur objet désormais défectueux auquel ils sont viscéralement attaché? Et aussi ceux qui par souci d'économie, préfèrent réparer un objet "fatigué" plutôt que de systématiquement procéder à son remplacement ?
Pour toute cette frange de personnes, l'Électrolab est un lieu où la diversité des profils des membres, de leur expérience personnelle variée, de leur curiosité associée aux moyens mis à disposition dans les locaux de l'association, apporte une réponse adaptée à leurs interrogations, pour ne pas dire leurs frustrations.

Réparation des moteurs des aérothermes assurant le chauffage des locaux

Réparation des moteurs des aérothermes assurant le chauffage des locaux

No limit for knowlegde
Ainsi, à l'Électrolab, dans un cadre ludique et de loisirs, les membres développent sans cesse leur culture technique et scientifique soit en menant des expérimentations personnelles, soit en assistant à des petites formations organisées sur place ou simplement en échangeant leurs points de vue. Une fois l'esprit libéré du "je ne sais pas faire, je n'y connais rien", tout devient possible, sans contraintes corsetées, sans exigences démesurées, sans limites réductrices. On peut s'intéresser un instant donné à la soudure à l'arc et la semaine suivante à la microbiologie.
Élargir sans cesse ses connaissances dans de multiples domaines techniques, c'est aussi savoir mieux appréhender le monde qui nous entoure aves ses enjeux de plus en plus intriqués.
Par exemple, l'Internet des objets est-il un nouveau miracle technologique ou simplement un flicage et une exploitation d'informations personnelles et de métadonnées à des fins purement mercantiles ? Avez-vous une compréhension claire des possibilités de "l'homme augmenté" et des évolutions transhumanistes qui indéniablement vont nous être proposées dans les prochaines années? Car dans ce domaine – vous le savez probablement – la recherche est déjà largement financée et des applications concrètes pointent leur nez.
Vous avez la fibre écolo ? Dans ce cas, savez-vous argumenter sur l'intérêt de la production d'énergie verte au niveau individuel ? Est-ce rentable, écologiquement ? Économiquement ?

Avoir une certaine culture technique, c'est aussi être un acheteur averti dans la vie de tous les jours et être un conteur passionné et passionnant dans les dîners en ville 🙂 Vous fournirez ainsi une respiration agréable aux discussions de table, une fois épuisés tous les sujets "pipole", cinéma et ragots sur les proches. Votre curiosité technique peut même s'avérer un petit plus qui avantagera votre candidature lors d'un futur entretien d'embauche.

Vérification de l'étanchéité du circuit d'eau d'un aérotherme

Vérification de l'étanchéité du circuit d'eau d'un aérotherme

Promouvoir la culture scientifique et technique
Les médias généralistes ne traitent des domaines techniques et scientifiques que de manière assez succincte, en tout cas bien moins que d'autres domaines tel la culture, le sport, la politique ou l'économie. Pourtant chacune de ses disciplines voit son évolution en partie dictée par les techniques et les sciences. D'un autre côté, la désindustrialisation de notre pays a fait se perdre à la fois des moyens de production et des savoirs qui – au-delà d'un certain seuil – deviennent impossibles à combler : la formation, les investissements, les expertises, les perspectives associées se sont délités par manque de dynamisme, de capacité à se renouveler et de débouchés.
Pour les quelques iconoclastes qui s'intéressent encore à des domaines en voie de confidentialisation, l'Électrolab offre un terrain de jeu polyvalent et abordable, où desseins et passions peuvent s'exacerber sans contraintes particulières.
Les échanges entre membres sont souvent l'occasion de deviser sur l'état de l'art dans une discipline donnée. Les échanges se complètent fréquemment d'un regard critique face au nombre croissant de fakes et d'informations involontairement voire sciemment inexactes qui pullulent désormais sur le Web. On recense quotidiennement sur les forums des déçus trop crédules qui – s'étant inspiré d'une information de mauvaise qualité glanée ça-et-là – constatent avec désarroi que leur réalisation ou leur expérimentation inspirée d'une page Web est franchement pérave. Comme on trouve de tout sur le Net – du plus sérieux au plus farfelu – savoir faire le tri entre le bon grain de l'ivraie devient, en tant que tel, une compétence à part entière.

Welcome to business members
En complément des membres particuliers, l'Électrolab accueille aussi des start-ups et jeunes entreprises, en leur proposant optionnellement des locaux privatifs en location. À la différence d'une simple pépinière d'entreprises – qui se limite à fournir des bureaux – les gérants et salariés de ces structures ont un accès complet à l'ensemble des équipements et outils de l'association, dans la limite qu'ils sachent bien évidemment s'en servir.

Pour tout renseignement concernant les adhésions "entreprise" et la location de locaux, écrivez-nous à l'adresse email suivante : contact [AT] electrolab [POINT] fr

Box entreprise n°3 entièrement terminé et aménagé : il est prêt à être loué

Box entreprise n°3 entièrement terminé et aménagé : il est prêt à être loué

17Oct/15Off

Emission Radio agora en direct de l’Electrolab

Posted by Samuel Lesueur

Aujourd'hui, dans le cadre Festival Nanterre digital co-organisé par l'Electrolab et les équipes de l'Agora de Nanterre, nous avons reçu dans nos locaux la radio participative de Nanterre pour une émission intitulée "Un hackerspace ? oui mais pourquoi faire" durant la quelle nous avons présenté le lieu et les projets qui s'y déroulent.

Emission_radio_agora_hackerspace

Cliquez ici pour écouter le podcast sur le site de radio agora
Cliquez ici pour télécharger le podcast

Un grand merci à Catherine Portaluppi pour cette sympathique émission 🙂

Remplis sous: Fun Commentaires
7Oct/15Off

Flash and the van

Posted by Eric

Des souhaits ou desseins parfois formulés depuis des lustres et dont on a la doucereuse impression qu'ils soient tombés en désuétude ont l'étonnante faculté de pouvoir se réactiver en un éclair, comme par enchantement.
Par exemple, l’amélioration des techniques de réalisation de circuits imprimés  (aussi appelé PCB) est un projet historique et de longue haleine de notre association. Les moyens de réalisation de PCB dont dispose le lab sont graduellement étendus pour offrir des produits dont la qualité ne cesse de s’améliorer.

CI_copter_Side2

Exemple de que l'on sait faire de mieux en matière de circuit imprimé au lab (image datée de septembre 2013)

CI_copter_Side1

Vue de l'autre coté de la même plaque. Ce circuit imprimé fait 45mm de large.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En effet, dès les débuts de l'Électrolab, ses premiers membres ont souhaité mettre en place un atelier de fabrication de circuits imprimés un tant soit peu professionnel. Pour rappel, un circuit imprimé est un substrat en principe plan et isolant sur lequel sont dessinées des lignes électriques conductrices appelées "pistes" qui assurent les liaisons (électriques) entre les différents composants électroniques constitutifs d'un montage. Le procédé original, inventé dans les années 30' (autres infos ici) est – sur le principe – toujours appliqué aujourd'hui. Bien entendu, de nombreux progrès technologiques ont permis en soixante dix ans, d'améliorer la qualité, la fiabilité, et la productivité du procédé.

Film-o-graphie
Par exemple, la qualité d'un circuit imprimé est très dépendante du film qui sert à la création du dessin des pistes, via un procédé photolithographique. Les paramètres les plus influents sur la qualité de la reproduction du dessin des pistes sont le contraste et l'épaisseur de l'émulsion qui masque le passage de la lumière ultraviolette aux endroits adéquats. Si de nombreux amateurs et bricoleurs en électronique impriment désormais le dessin des pistes directement à partir d'imprimantes laser sur des papiers calques ou mylar (film polyester), ce procédé reste de performance limitée sur les deux paramètres susmentionnés. Heureusement, pour de nombreux circuits imprimés basiques, la qualité obtenue par ce procédé, d'ailleurs mis en oeuvre à l'Électrolab, est en principe suffisante. Toutefois chez nous, le taux de réussite n'est que d'environ 60% et de surcroît, la diminution régulière des dimensions des composants font que cette méthode convient de moins en moins souvent à cause d'exigences sans cesse accrues.

Contrôleur de fer à souder Weller

Impression du tracé des pistes sur papier calque à l'aide d'une imprimante laser

Sous-traitance
Heureusement, de nombreux prestataires offrent des services de réalisation de circuits imprimés de qualité irréprochable, même si les délais d'attente pour obtenir un prix acceptable sont hélas importants (souvent plusieurs semaines). Dans certains cas, ces délais peuvent s'avérer difficilement compatibles avec le planning de projets « express ».
Si les moyens de fabrication de circuits imprimés de l'Électrolab sont clairement adaptés à la fabrication rapide de prototypes uniques, la production en série reste idéalement l'apanage de sous-traitants professionnels.

Agrandisseur
Une méthode décisive pour améliorer le procédé de réalisation des circuits imprimés consiste préalablement à dupliquer le dessin des pistes sur un film photographique dit "orthochromatique", à basculement de contraste très raide. Pour cela, deux de nos valeureux membres ont parcouru en décembre 2010 plus de deux mille kilomètres en camionnette pour acquérir un banc de reprographie, qui est une variante d'agrandisseur, adapté à l'utilisation de ces films spéciaux. Hélas, ce banc de reprographie est toujours bien rangé sur sa palette de stockage et la raison en est fort simple : il est illusoire de faire de la photographie technique de qualité dans un environnement poussiéreux. Les nombreux travaux d'aménagement du lab – toujours en cours – n'ont jamais permis de garantir un très faible niveau de poussière dans une pièce. Mais en 2016, la réalisation dans nos locaux de plusieurs zones à atmosphère contrôlée dites "salles blanches" va évidemment permettre de changer de paradigme.

No film please, we're minimalists !
Le procédé actuellement utilisé par les professionnels du circuit imprimé – qui est encore plus performant – a même l'outrecuidance de se passer complètement de film! En effet, le principe du "Computer To Plate" (CTP) consiste en une exposition directe du circuit imprimé photosensibilisé par une image haute résolution du tracé des pistes. Un projet de mise en oeuvre du procédé CTP est même en cours dans nos locaux.
Même si des moyens relativement modestes permettent de s'initier au procédé CTP, cela reste une solution qui à l'échelle du lab, ne résout pas vraiment le problème de fiabilité dont on souhaite définitivement se débarrasser.

On the road again
Récemment, deux membres ont – une fois de plus – loué un petit camion pour un modeste périple de seulement cinq cent kilomètres. Ceci dans le but de rapatrier une photocomposeuse numérique et son système de développement de films, tous deux récemment acquis par le lab.
Ces achats sont une étape majeure dans la mise en place à l'Électrolab d'une chaine de conception/réalisation de circuits imprimés de grande qualité dont font déjà partie la perceuse inversée et la plastifieuse pour films photosensibles autocollants.

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Perceuse inversée dédiée au perçage haute vitesse (40 000 trs/mn) des circuits imprimés

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Précision maximale du positionnement grâce au système optique à agrandissement (X10) et à intensification de constrate installé sur la perceuse inversée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La photocomposeuse qui vient d'arriver au lab permet de mettre en œuvre le procédé dit "Computer To Film" (CTF) qui consiste à exposer un film photographique de telle manière à ce que l’image représentée sur ledit film corresponde exactement au dessin des pistes. Cela fait trois ans que l'on guettait les offres de ventes pour l'acquisition d'une photocomposeuse en bon état et à prix raisonnable. Cet appareil est aussi connu sous le terme de "flasheuse" ("imagesetter" en anglais). L'appareil acquis expose le film sur une largeur maximale de 14" (35,5 centimètres) et dispose d'une résolution de 3000 dpi, soit 1181 pixels par centimètre, ce qui est suffisant pour un dessin de pistes de finesse dit de "classe 7" (autres infos sur les classes ici).
Pour votre gouverne, sachez que le circuit imprimé à l'intérieur du mouchard électronique que vous avez toujours sur vous, plus connu sous le nom de smartphone, est a minima réalisé dans une finesse correspondant à la classe 8.
La classe quoi !

Photocomposeuse pour films orthochromatiques

Photocomposeuse pour films orthochromatiques en cours de déchargement

Machine de développement automatique pour films orthochromatiques

Machine de développement automatique pour films orthochromatiques

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bientôt des news
Dès la flasheuse déchargée, un audit fonctionnel et technique de l'appareil a été initié par plusieurs spécialistes du cru. On vous tiendra bien entendu au fait des premiers résultats. Il est fort à parier que le pôle circuits imprimés de l'Électrolab puisse à moyen terme produire grâce à ces nouveaux équipements, des circuits imprimés de qualité très supérieure à ce qu'il est possible de faire par soi-même, avec des caractéristiques qui soient désormais en phase avec les exigences des projets les plus ambitieux des membres de l'association.